Génies du lieu
Pour sa 16ᵉ édition, la Triennale rend hommage au paysage, plaçant le lieu et l’esprit qui l’anime au cœur de l’exposition. En invitant la création contemporaine à dialoguer avec les Génies du lieu — ces forces qui relient un site à son histoire, à sa mémoire et à ses mythes —, Bex Arts 26 explore la profondeur temporelle du parc, devenu un véritable acteur.
Du 30 mai au 3 octobre, le parc Szilassy s’ouvre à de nouvelles lectures du monde et se transforme en un espace d’expérimentation collective. S’y rejoue la tension entre nature imaginée et transformée, entre contemplation et réalité sociale, au croisement de l’art contemporain, du vivant et de l’architecture du paysage.
Elisa Balmaceda
Guillaume Barth
Mirko Baselgia
Cedric Bregnard
Ishita Chakraborty
Olivier Crouzel
Chloé Delarue
Lara Estoppey
& Olivier Estoppey
Gailing Rickling
Jérémie Gindre
Christian Gonzenbach
Yann Gross
Pauline Julier
Olga Kokcharova
Lang/Baumann
Pierre Leguillon
Hunter Longe
Lou Masduraud
Rachel Morend
Gina Proenza
Shirin Yousefi
Situé au-dessus de la falaise de gypse qui s’élève au nord de la commune de Bex, le domaine de Szilassy s’étend sur près de 8 hectares. Appelé à l’origine En Soressex qui signifie « au-dessus du rocher », il offre une vue panoramique exceptionnelle notamment sur les Dents du Midi, la Dent de Morcles et les Diablerets.
Bientôt bicentenaire, le parc paysager à l’anglaise est également apprécié pour ses nombreux arbres remarquables (hêtre pourpre, châtaigner, chêne rouvre, cèdre de l’Atlas, pin noir ou encore cyprès de Lawson). Il accueille Bex Arts tous les trois ans depuis 1981, ouvrant ainsi ses portes, le temps d’un été, à tous les publics.
Le parc de Szilassy
Le parc a été imaginé et construit entre 1835 et 1838 par deux femmes venues de Londres, Lady Louisa Anne Hope et sa fille Elisabeth. Aristocrates britanniques, elles aménagent le site selon les principes du jardin paysager à l’anglaise, un courant esthétique issu de la tradition des Lumières qui conçoit la nature en tant qu’objet d’admiration et de contemplation. Elles façonnent ainsi un parcours ponctué de points de vue soigneusement choisis et fonctionnant comme autant de tableaux qui mettent en scène la nature environnante. Cette démarche s’intègre dans l’intérêt croissant, dès le 18e siècle, des élites européennes pour les Alpes suisses considérées comme un lieu de refuge face aux grands défis de la modernité, selon l’expression de l’historien Claude Reichler. À la croisée des influences culturelles et paysagères, le parc de Szilassy incarne cette recherche d’émotion et de spiritualité par le paysage.
Le parc tient son nom du mari de la fille adoptive d’Elisabeth Hope, Laura Correvon, qui épouse, en 1869, le comte hongrois Jules de Szilassy venu soigner une maladie des yeux. Marquée par des revers de fortune, l’histoire de la famille engendre la mise en location de la propriété durant la première moitié du 20e siècle, puis son legs au canton de Vaud en 1949. Bénéficiaires d’un usufruit, Charles et Francis de Szilassy, les fils de Laura et Jules, continuent d’occuper la maison familiale et d’exploiter les champs, les jardins, les serres et les ruches. Julia de Szilassy, la dernière descendante, y vivra jusqu’à sa disparition en 1969.
Devenue propriété de l’État de Vaud, la maison de maître se transforme alors en école, puis en institution. Le petit cimetière familial établi sur la propriété conserve la mémoire des ancien·nes propriétaires de Soressex qui porte désormais le nom « parc de Szilassy ».


La Maison des jeunes
Depuis 2008, le domaine de Szilassy et l’ancienne maison familiale accueillent une structure de l’association vaudoise de la Maison des Jeunes (MDJ), le foyer mdj-szilassy, qui propose un accompagnement éducatif individualisé pour des adolescent·es en difficultés. Un encadrement éducatif résidentiel permet ainsi à 8 adolescent·es âgé·es de 15 à 18 ans d’y poursuivre les étapes successives d’un programme individualisé visant à favoriser leur intégration sociale et professionnelle. Une équipe d’éducateur·rices et de veilleur·euses assure une présence continue.